
« Il n’y avait plus de films comme Hollywood Shuffle de Robert Townsend ou Do the right thing de Spike Lee. Comme si un courant s’était éteint, je voulais leur rendre hommage »
Campus Show reloaded. Hommages à Spike Lee et Robert Townsend, Dear White people propose outre une esthétique irréprochable, des dialogues punchlines et une bande originale hype qui à eux seuls méritent le détour mais heureusement ce n’est pas tout. L’insolent Justin Simien immerge son spectateur dans la vie des campus américains, le lieu où se forme la jeunesse américaine, et donc une partie de la société et y expose les stéréotypes, les contradictions et le racisme larvé qui sévissent dans ces hauts lieux qui se présentent souvent comme des modèles d’intégration. La question post-raciale de l’ère Obama est soulevée (à défaut d’être traitée) avec punch et humour ouvrant un débat vivace outre atlantique … et espérons le ailleurs. Cette comédie cinglante et non politiquement correct a obtenu deux récompenses au Festival de Sundance. « Le racisme n’est plus le même qu’avant (…) la nouvelle génération ne connaît pas grand-chose de notre histoire ségrégationniste. Ils ont grandi avec Beyoncé, Jay-Z, Kobe et Oprah. Et ils ont voté pour Obama. C’est comme si le fait qu’il y ait un noir à la Maison Blanche avait réglé tous les problèmes et qu’il n’était plus nécessaire de remettre le débat sur la table. Mais justement, cela peut être un bon moyen de le relancer, pour des personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec le sujet. On peut se mettre d’accord sur notre désaccord, et en rire » Dear White People est une comédie de Justin Simien, avec Tyler James Williams (Tout le monde déteste Chris), Tessa Thompson (Les couleurs du destin), Kyle Gallner (Freddy), Teyonah Parris (Mad Men), Brandon P. Bell (Hollywood Heights) et Dennis Haysbert (24 Heures Chrono) Sortie au cinéma le 25 mars 2015. La rédaction a aimé : le portrait au vitriol d’une Amérique soi-disant post-raciale, les nombreux hommages au cinéma afro-américain indépendant, le casting, l’esthétique irréprochable du film. On a moins aimé : le dénouement légèrement « à l’eau de rose », la psychologie de certains personnages qui aurait mérité d’être plus fouillée.